Samedi 1 octobre 2005
La recherche d’une didactique du multimédia interactif
  
Nous proposons un axe de recherche intitulé « didactique du multimédia interactif » qui voudrait montrer les articulations entre les modèles théoriques en didactique et le champ pratique de la conception de cours à distance.
Nous souhaitons nous appuyer sur la théorie de la transposition didactique pour regarder les cours proposés via les interfaces interactives multimédias à distance et celle du contrat didactique pour regarder les échanges générés en fonction de la structuration des cours.
Nos recherches (Audran & Simonian, 2003 ; Ravestein & Simonian, 2003 ; Ciussi & Simonian, 2004) montrent que l’interdépendance entre la structuration générale des cours et les modes de communication (ou d’échange) est indispensable. Les stratégies des cours en présentiel (cours magistraux, travaux dirigés,  jeux de rôle, etc.) témoignent de cette nécessaire consubstantialité alors qu’elle semble quasi-occultée dans les situations de formation en ligne, à la fois dans des cours tout en ligne et dans des cours complémentant une formation en présentiel.
Si aujourd’hui les obédiences communicationnelles semblent prendre le pas sur les obédiences informationnelles et surtout didactiques dans le monde du E-Learning, c’est peut-être que les recherches observant leur dépendance ou indépendance restent rares. Les stratégies de cours en ligne s’orientent davantage vers des ressources disponibles en bloc, avec comme parti pris pédagogique que l’apprentissage résulterait seulement de la recherche d’informations, de leur échange et de leur partage.
Dans ce contexte théorique assez surprenant qui ignore que la construction d’un cours exige un effort de didactification et qui se fonde seulement sur l’hypothèse forte que le « transfert réflexif » véhiculé par les échanges apprenant(s)-apprenant(s) et apprenant(s)-tuteur(s), peut suffire à l’apprentissage, nous souhaitons rechercher quant à nous les indicateurs de la dépendance entre la structuration d’un cours en ligne et les stratégies collectives d’apprentissage (travail collaboratif, travail coopératif, régulation).
Nous regarderons donc les rapports d’un apprenant et/ou d’un groupe d’apprenants à des objets de savoir à partir du point de vue de la transposition des cours en ligne, en particulier leur structuration générale et leur déploiement sur le temps didactique. Nous rechercherons des liens possibles entre tel type de transposition et tel type d’échanges.
Nous pouvons déjà présenter une typologie de cours en ligne (Simonian, 2004) intégrant des scénarios pédagogiques, soit centrés sur l’autoformation (principe des structurations séquentielles des cours de type table des matières), soit sur le travail collectif (principe des structurations non séquentielles de cours basés sur une tâche à réaliser ou une situation problème).
Les échanges au sein d’un cours en en ligne ont été catégorisés (Audran & Simonian, 2003 ; Ciussi & Simonian, 2004) selon quatre types d’échanges : les échanges techniques, les échanges de compréhension de contenu, les échanges liés à l’évaluation, et les échanges favorisant le lien social. Il semble pertinent de continuer ces travaux en regardant davantage les processus favorisant le transfert d’apprentissage défini au préalable par le concepteur du cours (ou l’expert du contenu). Sur ce dernier point, nous nous référons essentiellement aux travaux de Tricot, Rouet et Bastien. Nous pourrions étudier également les relations entre, d’une part, les objectifs du concepteur du cours et les échanges intervenant pendant un cours en ligne et, d’autre part, les caractéristiques souhaitables pour les interfaces des campus numériques.  Nous pouvons également mettre en perspective certains résultats de la thèse (en cours) de Simonian orientés sur les processus de mémorisation à court terme, de résolution de problème, et de généralisation.
par Paquelin publié dans : Production Collective
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Vendredi 30 septembre 2005

1. Viser une convergence du concept et la mobilisation (ou co-élaboration) d’un cadre théorique éclairant et soutenant l’innovation en FOAD.

 
D’entrée de jeu, la définition même d’un dispositif introduit au débat. La mobilisation du concept de dispositif pour agréger ou associer innovation pédagogique et campus numérique pourrait mener à une utilisation du terme trop réductrice.  Pour nous, l’utilisation du terme dispositif permet d’abord de relever le fait qu’il ne s’agit pas d’un élément, d’un outil, d’une activité de formation mais plutôt de l’ensemble des composants du système….  Au sens systémique du terme intégrant les acteurs et le contexte à différents niveaux.
 
Page 7 du projet : «  Nous choisissons en effet de définir le dispositif comme un campus numérique suscitant un ou des processus d’innovation pédagogique ».
 
Dans l’association proposée d’innovation pédagogique – campus numérique, la richesse du systémique y est perdue au profit de l’innovateur qui n’est pas un élément stable et universel…sur lequel on peut généraliser… Dans la recherche d’un cadre théorique qui s’applique à l’ensemble des projets de campus numérique, une telle imposition de l’innovation à la définition épistémologique du système de formation m’apparaît causé plus de problèmes qu’elle en résout.  Un certain nombre de critiques ont été portées à juste titre (Choplin et Jacquinot) au concept de dispositif proposé par Peraya dans le numéro spécial Hermès consacré à la définition de concepts, « une instance, un lieu social d'interaction et de coopération possédant ses intentions, son fonctionnement matériel et symbolique enfin, ses modes d'interactions propres ». L'économie d'un dispositif - son fonctionnement - déterminée par les intentions, s'appuie sur l'organisation structurée de moyens matériels, technologiques, symboliques et relationnels qui modélisent, à partir de leurs caractéristiques propres, les comportements et les conduites sociales (affectives et relationnelles), cognitives, communicatives des sujets » (Peraya 1999: 153). Ce qui manquait à cette définition était sans nulle doute la dimension innovation. Celle-ci a été réintroduite dans un modèle plus complexe, le modèle ASPI en interaction avec le travail IntersTICES  (Viens 2004, Viens et Peraya, 2004 ; Peraya et Jaccaz, 2004 ; Peraya et Viens, 2005 à paraître). L’idée de base est d’intégrer la dimension innovation et son pilotage dans une démarche complexe où la description dans une perspective systémique constitue un instrument indispensable à la démarche de pilotage de l’innovation. Le maintien de ces dimensions dans leur différences et dans leur articulation mérite d’être maintenue.
 
Mais qu’est-ce que l’innovation pédagogique ? La définition offerte en page 6 est intéressante et nous rejoint. « Pas seulement les nouveaux objets… mais des processus complexes. » Le recours au terme dispositif souligne plus fortement le potentiel d’analyse de la formation selon plusieurs perspectives : les acteurs, le processus de développement/implantation, qu’il s’associe à un caractère innovant. Un dispositif innovant peut être utiliser de façon très traditionnelle et vice et versa. Mais pour bien l’analyser, on doit adopter de multiples perspectives et prendre en comptes plusieurs dimensions : les acteurs (leurs points de vue, rôles compétences, cultures…), l’état de développement du dispositif dans un cycle de développement/implantation, les finalité et objectifs du dispositif, le contexte de réalisation, etc… Ce qui rend, de notre point de vue, nécessaire une description cohérente du dispositif.
 
Nous ne sommes pas prêts à attribuer à un « environnement », « programme », « kit » de formation une position épistémologique immuable… celle de l’innovation pédagogique. L’innovation n’est pas une valeur intrinsèque à un dispositif, mais son caractère systémique l’est. A mon avis le caractère innovateur fluctuera énormément selon le contexte et les acteurs.  L’innovation est un processus qui transforme les dispositifs. Dans l’analyse de ce processus, le concept de « stabilité provisoire » (Learn-Nett, voir Charlier, Bonamy et Saunders in Charlier et Peraya, 2003) nous paraît très opérationnel. On pourrait d’ailleurs faire l’hypothèse suivante : les dispositifs technopédagogiques innovants, dont les campus numériques, prennent assurément aujourd’hui la forme de dispositifs hybrides. Certaines de ce formes d’hybridation pourraient sans doute être prototypiques de certaines étapes, de certaines de ces stabilités provisoires que l’on pourrait référer aux  modèles d’innovation plus classiques et aujourd’hui assez bien documentés, par exemple ceux de Chin, Savoie-Zajc, CBAM, etc…
 
Donc la définition d’un cadre théorique devrait impliquer une négociation du sens des concepts entre nous. A cet égard, le modèle IntersTICES (et d’autres) fourni un point de départ à une formalisation du caractère innovateur et systémique d’un dispositif de type campus numérique.  Cette formulation a été réalisée dans la perspective de servir d’objet de discussion, de point d’ancrage conceptuel pour questionner les représentations, les habiletés, les ressources, les attitudes et les pratiques des acteurs (quels qu’ils soient) dans le but de converger vers une vision et une actualisation convergente du dispositif et de son potentiel pédagogique. Nous abordons ces objets d’interactions, de réflexion et de négociation la culture des acteurs.
 

2- L’utilisation du cadre (ou modèle) théorique, son application et son appropriation par l’ensemble des acteurs. D’IntersTICES à GIRAFE.

Nous avons essayé de faire émerger des activités d’IntersTICES une modélisation des facteurs influents et du processus de planification d’un dispositif de formation numérique qui permette de co-construire le dispositif et de le co-vivre… Dans cette perspective, le GIRAFE (groupe interuniversitaire de recherche sur l’apprentissage et la formation eLearning constitue le prolongement des initiatives et des résultats d’InstersTICES. Voici quelques questions qui semblent porteuses ? Ce modèle est-il compris et utilisé de la même façon par l’ensemble des acteurs ? Peut-il servir à favoriser une convergence de la culture TIC des acteurs (représentations, habiletés, attitudes, pratiques) et du dispositif produit/mis en place/utilisé ? Est-ce un objet sur lequel la communauté veut/peut tabler pour avancer ? De nouveaux objets sont-ils requis pour stimuler la participation des acteurs ? Par exemple, un inventaire des pratiques exemplaires ? Comment les nouveaux objets d’échange s’arriment-ils au modèle IntersTICES ? GIRAFE permet de jeter un coup d’œil longitudinal sur le produit d’IntersTICES puisqu’il en est l’élément essentiel. Mais comment chaque acteur s’est-il, peut-il, s’approprier ce modèle ? Quelles appropriations en sont faites et quelles actualisation/utilisation dans la pratique ?  L’approche communauté de pratique qui a permis de mettre sur pied le GIRAFE peut-elle se développer et se poursuivre dans un contexte interinstitutionnel qui implique plusieurs universités de milieux différents ?  Les différences de contexte et de finalités institutionnelles sont-elles des obstacles incontournables ?
 
GIRAFE s’intègre à l’étude des dimensions espaces-temps principalement dans la perspective de l’évolution de la culture des acteurs et du processus de développement/implantation du dispositif. Quels espaces-temps, quels moments, quels lieux permettent aux acteurs d’actualiser et de tirer profit de la communauté de pratique GIRAFE. Quels niveaux d’acteurs y participent et à quel niveau de périphérie… (Les gestionnaires du CVS, les profs, les acteurs des centres locaux, les étudiants, etc.) ?
A mon avis, l’étude des espaces temps serait enrichie si on y ajoute une analyse systématique des : objets, processus et produits, des activités de la communauté et des dispositifs de formation produits. Mais ce questionnement sur l’objet empiète sur la troisième dimension du projet. Comment les articuler ?
 
La dimension des collectifs pose la question des regroupements et différences de perspectives, voire d’enjeux, selon les groupes d’acteurs. Elle est au centre de la mise en place et de la pérennité du GIRAFE. Les relations entre ces différents collectifs ainsi que  leur implication/participation dans la vie du dispositif et de la communauté est au cœur même du modèle proposé. Les chercheurs, les équipes de soutien, les chef de projets, les profs, etc. ont chacun leur monde, peuvent-ils se rencontrer ? Dans quelles conditions ? Le modèle IntersTICES et le collectif de formation GIRAFE se développent de quelle manière ?
 
Rappelons que les objectifs d’IntersTICES et de GIRAFE sont de soutenir le développement de dispositifs eLearning qui tirent profit des TIC, qui innovent mais aussi et peut-être encore plus, soutiennent le développement et la convergence d’une culture plus riche du eLearning dans l’enseignement supérieur.
par Paquelin publié dans : Production Collective
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Jeudi 1 septembre 2005
Pour aborder les thématiques structurantes du projet, un dispositif de type "groupe de dissensus" est mis en place au cours de l'automne 2005.
Par itérations successives, les acteurs du projet expriment leurs consensus et dissensus. La première étape consiste pour chaque participant à répondre à une ou deux questions. Les productions sont alors analysées pour identifier ce qui fait consensus et ce qui est objet de dissensus.
Trois groupes ont été ainsi constitués.
 
Groupe « Espace-Temps »
 
Participants : Nicole Cortesi-Grou, Sylvie Craipeau,  Jean-Luc Metzger, Didier Paquelin.
 
Question 1 : Selon vous, comment les dimensions d’espaces et de temps interviennent dans les processus d’innovation pédagogique que peuvent susciter les campus numériques ?
 
Précisions :
-          vous prendrez soin de spécifier la/les nature(s) des espaces et des temps que vous considérez ;
-          vous pourrez vous appuyer sur le texte du projet (en particulier § 1.3.1., pp. 10-11) ; sur un premier état de l’art, et/ou sur des terrains déjà observés. 
 
Groupe « Collectifs et objets »
 
Participants : Jacques Audran, Nicole Cortesi-Grou, Catherine Frete, Richard Hotte, Svitlana Hryschchuk, Jean-Luc Metzger, Daniel Peraya, Caroline Rizza, Stéphane Simonian, Eddier Soulier.
 
Question 1 : Selon vous, comment les dimensions des collectifs et des objets interviennent dans les processus d’innovation pédagogique que peuvent susciter les campus numériques ?
 
Précisions :
-          vous prendrez soin de spécifier la/les nature(s) des collectifs et des objets que vous considérez ;
-          vous pourrez vous appuyer sur le texte du projet (en particulier §§ 1.3.2. et 1.3.3., pp. 11-14) ; sur un premier état de l’art, et/ou sur des terrains déjà observés ;
-          vous essaierez de spécifier, autant que possible, les relations entre les collectifs et les objets. 
 
Groupe « Démarche d’Innovation »
 
Participants : Geneviève Jacquinot-Delaunay, Hugues Choplin, Daniel Peraya, Jacques Viens
 
Question 1 : Comment proposez-vous de modéliser les processus d’innovation pédagogique que peuvent susciter les campus numériques ?
 
Question 2 : Selon vous, quelles sont les conditions principales à réunir pour que ce modèle soit exploitable en pratique, dans des contextes spécifiques (différents en particulier du lieu/terrain de sa production) ?
 
 
Précisions :
-          vous prendrez soin de spécifier la nature de l’innovation pédagogique que vous considérez ;
-          vous pourrez vous appuyer sur le texte du projet (en particulier § 1.2., pp. 6-9) ; sur un premier état de l’art, et/ou sur des terrains déjà observés.
 
par Paquelin publié dans : Groupes de dissensus
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