Vendredi 7 octobre 2005

Ce projet porte sur le déploiement passé, actuel et futur, dans l’enseignement supérieur français et francophone, de campus numériques cherchant à susciter des processus d’innovation pédagogique. Il vise à élaborer des démarches et des solutions concrètes permettant aux praticiens de ces campus numériques de résoudre les problèmes posés par l’intégration des trois pôles que constituent l’ « apprenant », l’ « enseignant » et l’ « organisation » (de l’enseignement supérieur). Ces démarches et solutions désigneront des modes d’action généraux centrés sur :

-       les espaces-temps qu’engagent les campus numériques,

-       les collectifs qui réunissent les apprenants, les enseignants et plus largement les acteurs techniques et administratifs de ces campus,

-       et enfin les objets (technologiques ou non) qu’ils mobilisent dans leur conception comme dans leur mise en œuvre.

Des conséquences en seront tirées touchant l’accompagnement et la formation des acteurs de l’enseignement supérieur – en particulier l’enseignant – dont la professionnalité est transformée par les campus numériques innovants. Elles seront consignées dans un guide spécifique produit à la fin du projet.

C’est dans cette perspective que ce projet s’attachera :

-       à analyser cinq campus numériques spécifiques et complémentaires (dont un campus numérique suisse), ce travail combinant observations/analyses des terrains et co-constructions de démarches et solutions avec les praticiens engagés dans ces terrains ;

-       à mobiliser un cadre théorique déterminé par les concepts d’innovation pédagogique et de dispositif. C’est dans ce cadre que seront problématisées les trois dimensions à portée opérationnelle d’espaces-temps, de collectifs et d’objets. Elles donneront lieu à des croisements entre les points de vue et les démarches des sciences de l’éducation, des sciences de l’information et de la communication et de la psychosociologie/sociologie.

Ce projet est porté par trois institutions :

-       l’université de Provence (département des sciences de l’éducation, UMR Apprentissage, Didactique, Evaluation, Formation, J. Mallet), qui constitue l’établissement d’accueil du projet ;

-       l’université de Bordeaux-3 (groupe de recherche GR@MMSCI, D. Paquelin) ;

-       le Groupe des Ecoles des Télécommunications (Télécom Paris, département Innovation Pédagogique, H. Choplin).

Le projet proposé s’inscrit dans le cadre du thème 8 : les campus numériques, de l’appel à projet sur les ERTe des ministères de l’éducation nationale et de la recherche.

 

 

 

 

 

 

par Paquelin publié dans : Projet Initial
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Jeudi 6 octobre 2005

1 - Par rapport aux thèmes et/ou aux terrains, quels sont les problèmes (opérationnels et/ou théoriques) que vous souhaitez résoudre en priorité ?

La question que je me pose est la suivante : quelles sont les nouvelles pratiques professionnelles exigées et mises en pratique dans un dispositif de formation à distance par Internet ? Ces nouvelles pratiques participent-elles à l’industrialisation de la formation ? Si oui, de quelle manière et à quel degré ?

 

 

Il me semble que le meilleur niveau pour répondre à cette question est celui de l’organisation du dispositif de formation (incluant toutes les catégories d’acteurs intervenant dans l’organisation de la formation, de sa « conception » à sa réalisation et à la valorisation à l’intérieur et à l’extérieur de l’école). Je fais  l’hypothèse que l’innovation pédagogique est liée aux nouvelles pratiques professionnelles des enseignants, dans un processus d’industrialisation de la formation, qui implique le passage de l’étape d’expérimentation des utilisations pédagogiques d’Internet à l’étape de leur généralisation. Ce passage constitue le point-clé, me semble-t-il, dans le terrain ENFI. La question posée par l’acteur du terrain porte directement sur la manière d’opérer ce changement délicat, avec tous les contradictions et les risques qu’il entraîne (contradictions liée à la tension entre la logique de l’innovation et celle de l’organisation). 

 

2 - Quels sont les travaux (opérationnels, théoriques, empiriques ou théoriques) que vous connaissez et qui vous paraissent susceptibles d’alimenter notre projet ?

Alter Norbert (1993) : « Innovation et organisation : deux légitimités en concurrence », in Revue française de sociologie, vol. XXXIV-2, Paris, Ophrys, avril-juin, pp. 175-197.

Alter Norbert (2000), L’innovation ordinaire, PUF.

Mœglin Pierre, dir. (1998) : Industrialisation de la formation. Etat de la question, Paris, CNDP.

Musselin Christine (2001) : La longue marche des universités françaises, Paris, PUF, coll. Sciences sociales et sociétales

 Les résultats de l’ERTe Modèles économiques et enjeux organisationnels des campus numériques  

 

 

http://erte.mshparisnord.org/

par Paquelin publié dans : Production Collective
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Jeudi 6 octobre 2005

Auteurs contribution : Daniel PERAYA, Jacques VIENS, Catherine FRETE

Le contexte

 
Le réseau Girafe est né dans le sillage du mandat IntersTICES. Rapppelons que les objectifs du premier programme Campus Virtuel Suisse (CVS) (phase d’incitation 2000-2003) étaient de susciter, au niveau national et de façon concertée, le développement de pratiques d’apprentissage et d’enseignement avec les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans l’enseignement supérieur suisse. Le comité CVS, parmi ces différentes actions de soutien à ce projet a confié à TECFA le mandat de soutenir les projets dont le leadership était situé dans une  université romande. Durant cette période du développement du programme CVS, Interstices a donc apporté à ces projets un accompagnement pédagogique. Chaque projet était financé à hauteur de 1 000 000 CHF.
Le travail d’Interstices avait contribué à mieux préciser la situation des acteurs de projets, leur culture, les difficultés, etc. dans les universités romandes. Mais dans la période de consolidation du programme actuellement en cors jusque 2007, le CVS a changé de politique. Plutôt que de soutenir et de financer les projets, il a été décidé de financer des centres de compétences en eLeanring dans chacune des universités. A charge de chacun de ces centres d’aider les projets dans leurs tâches de développement. Le rôle d’Interstices, ou du groupe qui allait lui succéder, devait donc changer : plutôt que de soutenir les acteurs de terrain, au moment d’envisager un suite a Interstices, il a été imaginé de travailler avec les cntres de compétences, travaillant eux-mêmes directement avec les acteurs de terrains.
C’est dans cette perspective que le réseau GIRAFE (Réseau inter-universitaire romand d’accompagnement et de formation en e-Learning ) a été proposé au CVS comme nouveau mandat et a obtenu un premier financement de 15 mois sur la base du plan de travail suivant (extrait du mandat tel que soumis au CVS et accepté).
 
« Les expériences acquises et cette nouvelle situation permettent d’envisager le développement d’un réseau romand d’étude et de formation en e-Learning permettant de poursuivre l’action menée notamment par INTERSTICES (2001- 2003) et de répondre aux besoins à la fois locaux (les projet CVS et les centres de compétences) mais aussi transversaux et inter-universitaires.  La raison d’être d’un tel réseau est en particulier de tirer parti des complémentarités entre les actions et les ressources locales et romandes en favorisant une articulation entre service, formation et recherche.
Pourquoi se limiter à un réseau romand ? Cette question fort pertinente trouve réponse dans les trois éléments de réponse suivants. Premièrement, il nous est apparu plus réaliste de démarrer le réseau avec un petit nombre de partenaires puis une fois le réseau constitué et opérationnel, d’ouvrir la porte aux collaborateurs intéressés. Deuxièmement, il est dans le plan d’action du réseau de réaliser des collaborations avec des acteurs et institutions nationaux et internationaux entre autre, dans une perspective d’enrichissement mutuel et de pérennisation.
 
Le réseau se donnera pour objectif d’organiser des actions autour des trois axes suivants :
·   Axe  1 : Mise en commun des ressources et d’activités de support aux projets
·   Axe 2 : Actions de formation et études
·   Axe 3 : Échange d’expérience et communauté de pratique
 
Ce réseau en émergence devra être pérenne. C’est pourquoi dès le départ et dans la suite de ce document, nous en définissons clairement les objectifs, ressources et supports institutionnels. Cependant, il importe de préciser ici que nous demandons au Campus Virtuel Suisse de contribuer au financement du réseau pour une période initiale de 2 ans afin de permettre son développement en harmonie et à la mesure des besoins des projets participant à la phase de consolidation. Il s’agit donc de nous soutenir pour une période transitoire au cours de laquelle nous pourrons démontrer l’efficacité du réseau et trouver d’autres sources de financement dont notamment la CUSO. »
 

Les partenaires fondateurs du réseau

Les quatre universités de Suisse romande sont déjà d'accord de mettre en place et de développer ce réseau et de fait en sont les membres fondateurs:
·         Université de Fribourg (Centre de Didactique Universitaire et NTE) ;
·         Université de Genève, ( Centre eLearning universitaire et TECFA, unité académique) ;
·         Université de Lausanne (ingénieurs pédagogiques facultaires issu de la dissolution de l’ancien centre Centef,) ;
·         Université de Neuchâtel (nom du centre à venir).
Le texte fondateur prévoyait que le réseau soit ouvert à l'ensemble des institutions de l'enseignement supérieur de Suisse romande et aux autres réseaux oeuvrant dans le domaine de la pédagogie universitaire (Centres d’excellences européens ou étrangers. Des contacts sont maintenus avec l’université de Montréal et Jacques Viens qui a mené concrètement Intersitces durant son existence et projeté Girafe au nom de et sous l’égide de TECFA.

Les objets de recherche

GIRAFE se construit sur une vision identique et sur les mêmes positions épistémologiques que celles de Intestices, favorisant la recherche action et la recherche formation. La composante recherche fait donc partie intégrante du réseau GIRAFE et de ses activités. Il s’agit de pistes pour des études qui se mettent en place actuellement Rien ‘est dons défini, bétonné, etc…
La constitution de la conscience identitaire du réseau et du sentiment d’appartenance des membres à une même entité, comme d’ailleurs le sentiment de partager des pratiques communes sont apparus au bout de 6 sans doute sous la pression d’événements extérieurs autant que de par la dynamique du groupe. L’idée de travailler sur la « collectivité GIRAFE » est donc apparue comme l’une des premières taches de type recherche….  Nous pensons que deux autres objets pourraient faire l’objet d’une recherche parallèle : le portail GIRAFE outil de travail et d’expression de l’idéal identitaire de GIRAFE. Ensuite la recherche et les rôles de celle-ci pour les partenaires.
 
a)       L’identité du groupe : Il est vite apparu que chacun des centres avait une histoire différente (certains étaient en cours de constitution, d’autres étaient récents, d’autres enfin semblaient stabilisés), des intérêts et des conceptions diverses, des contraintes et des contextes institutionnels totalement différents, etc. les partenaires ont aussi de statuts différents : académiques, chercheurs, assistants, et PAT. etc…  Chacun avait d’ailleurs par rapport à certains points et/ou aspects du travail des visions différentes. Tout d’abord par rapport à l’ouverture de GIRAFE, puis par rapport au portail (peu voire pas du tout apprécié par certains). Ces points sont revenus en discussions très souvent et quasiment toujours en termes de tensions.
Une première tentative de partager ses pratiques et de mutualiser sa propre expérience a été la suggestion de faire observer chacun des centres par un autre… les tâches d’organisation et de formation ont pris le dessus et cela ne s’est pas encore fait.  Mais progressivement, est née l’idée de travailler sur les communautés, d’abord comme une formation interne (travail encours de C FRETE), ensuite comme thématique de recherche.
Plusieurs événements extérieurs ont fait apparaître que les membres de GIRAFE se reconnaissaient dans GIRAFE en tant qu’entité et que celle-ci semblait pouvoir être l’outil d’un projet collectif dans lequel chacun individuellement se reconnaissait (demande d’une grille d’évaluation commune pour tous les centres de compétences, volonté de devenir une seule « voix experte » auprès du CVS, projet de coordination avec les projets alémaniques équivalents. Episode FNL).
Ce projet qui sera rediscuté ce mardi à Lausanne pourrait suivre l’évolution de cette conception du collectif pour chacune des acteurs à partir de l’analyse de plusieurs « photographies » a des moments différents.
b)       L’objet « portail » semble avoir été un objet cristallisant les enjeux identitaires des partenaires : place de chacun par rapport aux projets de terrain, degrés d’ouverture de GIRAFE comme réseau … etc
c)       L’objet recherche : la possibilité de participer au prochain colloque de l’AIPU à Genève en septembre 2005 a semblé jouer un rôle de déclencheur pour certains membres de GIRAFE. Autre facteur, le fait que durant le mandat Interstices, les acteurs de projets ont eu l’impression d’être des pourvoyeurs de données mais non des partenaires de la recherche.,Ils ont récemment exposé le désire de voir la situation changer …. Et des occasions sont envisagées…. (colloques et recherche voir point supra).

Je pense que l’analyse de ces deux objets pourra être mise en relation avec l’évolution du sentiment identitaire des membres du réseau.
par Paquelin publié dans : Production Collective
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Jeudi 6 octobre 2005
Cinq terrains partenaires
 
 
Campus Virtuel Suisse :http://tecfa.unige.ch/proj/cvs/
 
 
Conformément aux exigences des ERTe, le projet est déterminé par des terrains spécifiques. Cinq terrains sont ici proposés[1]. Tous ont contribué, et contribueront encore, à l’explicitation des problèmes concrets que l’ERTe devra résoudre. Leur choix a été guidé par trois arguments :
1. en premier lieu : leur lien avec la problématique de l’ERTe, donc :
leur inscription dans une dynamique d’innovation pédagogique dans l’enseignement supérieur et leur exigence d’intégration opérationnelle des trois pôles : apprenant, enseignant, organisation ;
leur insistance sur la dimension des espaces-temps, leur mise en jeu de travaux collectifs (entre apprenants, concepteurs et/ou  accompagnateurs) et/ou d’objets (ou d’outils) spécifiques (ces différents points étant apportés et pris en charge de manière différente selon les terrains) ;
2. leur complémentarité :
du point de vue de la conception et de la mise en œuvre : par exemple, Scenarisup se centre plutôt sur la conception, Temis plutôt sur la mise en œuvre ;
du point de vue du type de pédagogie proposée : par exemple, Scenarisup privilégie une pédagogie basée sur les savoirs, Caifod sur une pédagogie centrée sur l’organisation temporelle des activités ;
du point de vue des acteurs prioritairement mis en jeu : par exemple, Pegasus est déterminé par les difficultés rencontrées par les apprenants, le Campus Virtuel Suisse par les relations entre enseignants et chercheurs (impliqués dans une même démarche de recherche-action-formation)[2] ;
ou encore du point de vue du pays concerné : l’observation/analyse du « Campus virtuel suisse » donnera un recul nécessaire au projet par rapport au contexte français qui détermine les quatre autres campus numériques ;   
3. d’un point de vue pragmatique : la force du lien avec les praticiens. Chacun de ces terrains est porté par des acteurs qui ont déjà coopéré (dans d’autres cadres) avec plusieurs des chercheurs de ce projet. Concrètement, chaque terrain sera « accessible » par un acteur-lien inclus à part entière dans l’ERTe, chacun de ces acteurs-liens étant de surcroît déjà largement sensibilisé aux questions et aux exigences de recherche. 
 
Vu la finalité (opérationnelle) de l’ERTe, il a paru indispensable, dès l’élaboration du projet (depuis janvier 2003), de mettre en place une logique partenariale ou collaborative entre les chercheurs et les acteurs de terrain. Elle se traduit spécifiquement à ce stade par une définition du type de problèmes rencontrés sur chaque terrain et par une lettre d’engagement (le terrain Pegasus faisant pour l’instant exception sur ce point[3]). Ces premiers résultats ne sauraient cependant indiquer les formes précises que prendra le travail sur ces différents terrains. Ce sera justement un des objets de la première phase du projet que de « négocier », entre chercheurs et praticiens, ces formes (sachant que le travail d’observation/analyse se déploiera, lui, dans la seconde phase du projet) (sur le programme du projet, cf. 2.2.). Il est par exemple possible que nous soyons conduits, dans le cadre du projet, en fonction de certaines exigences/contraintes (ne serait-ce que parce que les cinq terrains sont a priori « vastes » et complexes), à privilégier certains de ces terrains et à faire jouer aux autres un rôle d’éclairage second ou complémentaire. Reste que de toutes façons l’ensemble des acteurs-liens des cinq terrains suivants seront associés au projet.
 
1. Scenarisup
           
Cadre
Le service Formation Continue de l’Université de Technologie de Compiègne et son Unité d’Innovation ont développé depuis 1999 un outil « Scénari » de numérisation de documents pédagogiques et une chaîne de production associée, reposant sur une ingénierie pédagogique et organisationnelle spécifique, visant à faire « accepter » l’outil par les différents acteurs (responsables, formateurs) et par l’institution qui en accueillent l’usage. L’ingénierie pédagogique et organisationnelle repose sur l’hypothèse de la pertinence d’une démarche incrémentale[4]. Cette démarche a été mise en œuvre à  trois reprises, depuis 1999, en entreprise et dans des centres de formation professionnelle (AXA/AEA/ICEP, PSA, SNCF).
Aujourd’hui, l’équipe est en passe de déployer cet outil et la chaîne associée en université, précisément  dans le cadre de l’université d’Aix-marseille 2 et des projets Scenarisup et Caifod.
 
Problèmes de terrain
Le problème opérationnel général posé est le suivant : est-il possible et pertinent d’adopter une « approche organisationnelle » incrémentale dans le contexte de l’université et si oui à quelles conditions ? Ce problème se spécifie en particulier au niveau des enseignants-chercheurs, experts des savoirs à numériser : quelle collaboration établir et mettre en œuvre avec eux de façon à faciliter le fonctionnement de la chaîne et à susciter l’adhésion à long terme sans engendrer des sentiments tels que ceux de dépossession (liés à la numérisation du contenu)  ?
Les problèmes posés ne concernent donc pas l’outil « Scénari » en tant que tel ; ils engagent plutôt les démarches favorisant l’appropriation par les organisations et les acteurs des dispositifs utilisant les TIC et des outils tels « Scénari ».
 
Acteur-lien : Isabelle Cailleau, Unité d’Innovation, Formation Continue, UTC.
 
2. Temis
 
Cadre
L'Université de Technologie de Troyes, avec l'appui de son Centre d'Innovation Pédagogique (C.I.P.), s'est engagée depuis mai 2001 dans une évolution de sa stratégie d'innovation pédagogique par les TICE. Depuis 2002, l'UTT déploie le portail pédagogique d'établissement « Temis » (Technologies Educatives pour le Management de l'Information et des Savoirs) qui offre des informations, des ressources, des services, des outils et des applications en ligne pour l'apprentissage. Il est associé à deux choix structurants : l'inscription du portail dans une stratégie d'innovation par le changement culturel touchant l'UTT dans son ensemble ; un choix pédagogique centrant le portail sur les activités d'apprentissage plutôt que sur la scénarisation de contenus, et sur la dimension collaborative de celles-ci, autour du concept de communauté d'apprentissage en ligne (ou « e-communautés »).
Ces deux choix attestent de ce que le CIP non seulement travaille dans une perspective d'ingénierie, traditionnelle dans le monde de la FOAD, mais aussi de ce qu’il souhaite associer à cette perspective une réflexion sur les dimensions humaines, gestionnaires et organisationnelles du changement lié à la mise en œuvre d'un dispositif innovant. A côté de la conception et de la réalisation d’outils d'apprentissage (le « système »), il y a place pour une réflexion sur la conduite du changement (le « pilotage »). Les réflexions actuelles portent sur les stratégies de changement (imposé ou négocié, incrémental ou radical, etc.) ; les démarches, méthodes et outils de conduite du changement (diagnostic, communication, formation des enseignants, sensibilisation des personnels...) ; la mesure et les indicateurs de changement ; les conditions d'institutionnalisation du changement ; le rôle de l'environnement de l'institution éducative (pouvoirs publics, réseaux d'écoles, recherche, technologie ...). 
 
Problèmes de terrain
Le problème opérationnel rencontré est le suivant : comment conduire, dans le temps, le changement (ou l’innovation) associé à « Temis » de telle façon qu’il « impacte » l’ensemble du « système UTT » et engage donc aussi bien son organisation que ses différents acteurs (apprenants et enseignants, mais aussi acteurs administratifs, techniques) ? Cette question se précise au niveau des « e-communautés » d’apprenants : comment animer ces communautés de telle façon que non seulement elles « fonctionnent » mais aussi contribuent à impulser de l’innovation dans l’école ?
 
Acteur-lien : Eddie Soulier, responsable Centre d’Innovation Pédagogique, UTT.
 
3. Pegasus 
 
Cadre
Pegasus est une préparation au DAEU (Diplôme d’accès aux études universitaires) 100% en ligne ; il a été retenu dans le cadre de l’appel à projets « Campus numériques » 2001-2002 (www.campus-pegasus.net). Le projet est l’œuvre d’un consortium de six universités (Université Nice Sophia-Antipolis – chef de projet – associée aux Universités Toulon-Var, Le Havre, Paris 13, Antilles-Guyane et Haute-Alsace Mulhouse-Colmar) en partenariat avec le CNED. Compte tenu de la particularité du public de ce type d’enseignement – des adultes en reprise d’études ne disposant pas du baccalauréat –, il a fallu concevoir un système original de cours tutorés associés à des outils de communication simples d’accès. Temporairement, cet ensemble est supporté par une plate forme WebCT hébergée par le CNED, mais les contenus sont entièrement développés en « Php-My Sql » et « Flash » et une migration reste toujours possible. Comme tout DAEU, ce dispositif existe en version A (littéraire) et version B (scientifique). La version A a été ouverte en janvier 2003, la version B doit ouvrir en janvier 2004.
 
Problèmes de terrain
Si les difficultés de coordination des équipes pédagogiques (auteurs), informatiques (développeurs) et juridiques (établissement des contrats et conventions entre partenaires), ont été surmontées malgré le nombre d’acteurs et la dispersion des partenaires, le fonctionnement de Pegasus, du fait de la volonté d’une ingénierie innovante, reste encore problématique et des questions restent sans réponse. Comment pallier les décrochages toujours fréquents avec ce public (ce décrochage existe même en présentiel) ? Comment mettre en place des outils de suivi (les plus automatisés possible) qui permettent d’alerter les responsables sur les difficultés de certains étudiants avant qu’il ne soit trop tard ? Comment former un grand nombre de « tuteurs » à l’esprit qui a présidé au développement alors qu’il ne sera plus possible de faire appel aux seuls auteurs pour tutorer les groupes en nombre croissant ? Le caractère innovant de l’ingénierie ne tiendrait plus alors seulement à la capacité de planifier pour concevoir. Il reposerait surtout sur une démarche qui pourrait, par anticipation, apporter une certaine souplesse permettant la « retouche » (ou l’adaptation) et favoriser l’activité d’accompagnement. On sort alors de la définition classique de l’ingénierie issue du monde de la production. Des partenariats ont été passés avec des APP, des Greta ou des PAT[5] pour accueillir les publics ne disposant pas d’ordinateur à domicile. Mais alors comment organiser le suivi individuel tout en préservant l’autonomie des personnes qui encadrent ces apprenants ? Cette approche dévie sensiblement de l’idée de départ qui présidait lors de la conception de Pegasus et qui était marquée par le besoin d’une certaine « productivité ». Bref, c’est l’évolution même de Pegasus et son adaptation aux publics qui posent problème aujourd’hui. Il s’agit donc de passer d’une logique de conception à une prise en compte des « situations » (d’apprentissage, de communication, de tutorat…).
 
Acteur-lien : Jacques Audran, Serfa/Cufef, Université de Haute-Alsace[6].
 
4. ENFI
           
Cadre
Le département Innovation Pédagogique (IP) de Télécom Paris a développé dans le cadre du campus numérique FIPFOD (2001-2003) une offre de formation à l’ingénierie pédagogique de la FOAD, destinée aux acteurs de l’enseignement supérieur français. Forme de « méta-campus numérique » (puisque visant des acteurs d’autres campus numériques, actuels ou futurs), cette offre de formation a été élaborée selon plusieurs principes :
un objectif d’acquisition de compétences visant à susciter chez les apprenants, futurs acteurs de la FOAD, des exigences d’innovation pédagogique ;
une conception collaborative, en particulier au niveau du département Innovation Pédagogique de Télécom Paris, où elle a réuni des concepteurs et les tuteurs du campus numérique ;
une approche de la FOAD centrée sur l’articulation dans le temps d’activités pédagogiques, elles-mêmes collaboratives.
Ces deux derniers principes ont été cristallisés et portés par un outil spécifique de conception : l’outil OASIF (Outil d’Aide à la Scénarisation pour l’Ingénierie de Formation)[7]. D’une part, il sert de support à la conception collaborative ; d’autre part, il propose une interface basée sur une représentation « planning » des activités, qui, est ensuite proposée aux apprenants (sous une forme quelque peu modifiée).
Aujourd’hui, le département IP est inscrit (avec l’UTC et l’Université d’Aix-marseille 2) dans le projet Caifod (« Cellule d’Accompagnement à l’Ingénierie de la Formation Ouverte et à Distance », cf. http://ip.enst.fr/caifod/) qui a vocation à accompagner le déploiement de la FOAD dans l’enseignement supérieur. Le département IP est d’autre part chargé d’accompagner ce déploiement au sein même de Télécom Paris dans le cadre de la conception et de la mise en œuvre d’un portail spécifique de formation.
 
Problèmes de terrain
Les problèmes actuels sont de deux ordres. Tout d’abord : comment organiser la collaboration au sein du département IP, dans la conception comme dans la mise en œuvre, pour favoriser, ensuite, l’apprentissage de compétences visées chez les apprenants (futurs acteurs de la FOAD) ? L’examen de cette question devra mettre au premier plan le statut de l’outil OASIF du point de vue de la conception comme de celui de l’usage. Ensuite, comment organiser la collaboration avec les acteurs externes au département IP – qu’il s’agisse d’enseignants de Télécom Paris ou d’acteurs chargés eux-mêmes de déployer la FOAD (en dehors de Télécom Paris, dans le cadre de Caifod) – de telle façon que ce « transfert » suscite innovation pédagogique  ? Ces questions ne concernent pas en tant que tels les partenariats entre établissements ; elles se positionnent plutôt au niveau méso des modes de relations entre acteurs de différents départements (ou cellules) de différents établissements.
 
Acteur-lien : Sarah Lemarchand, département Innovation Pédagogique, Télécom Paris.
 
5. Campus Virtuel Suisse
 
Cadre 
Le Campus Virtuel Suisse (CVS) est un programme fédéral de soutien au développement de cours en ligne. Il est réalisé dans un environnement social où l’expérience et la culture de l’intégration des TIC dans une perspective d’innovation pédagogique sont en plein développement mais ne semblent pas encore très étendues (l’intérêt technologique et la mise en ligne de contenu paraissant encore primer). Le mandat IntersTICES[8], obtenu par l’Unité de recherche et d’enseignement sur les TEChnologies pour la Formation et l’Apprentissage de la FPSE de l’Université de Genève (TECFA) était de trois ordres :
développer des activités de soutien et d’encadrement des projets du CVS liées aux aspects psychopédagogiques et méthodologiques de l’utilisation des technologies éducatives ;
constituer un état des lieux des projets en insistant sur l’exploitation du potentiel des technologies, sur leur intégration dans les scénarii mis en œuvre ainsi que le degré d’innovation et d’interactivité des projets ;
préparer les bases d’un cadre d’évaluation propre à ce mode d’enseignement innovant en collaboration avec la communauté nationale et internationale.
Le mandat a permis d’intégrer ces trois dimensions dans des actions concrètes sur le terrain bien qu’il ait été lancé à posteriori, 18 mois après la mise en chantier des premiers projets (en 2000). Pour mener à bien ce projet, dans un contexte institutionnel complexe et très différent d’une équipe à l’autre, le TECFA a opté pour une approche d’évaluation-action-formation, ou encore de recherche-action-formation[9], qui a permis de partir des conditions-contraintes-objectifs-problèmes de chaque équipe pour travailler avec elle à une compréhension mutuelle des problèmes et solutions relatifs à l’intégration de dispositifs de formation innovants recourant aux TIC. Ce travail a permis en particulier d’esquisser un « modèle » qui tente de systématiser les questionnements afin d’identifier des actions de formation des acteurs et des pistes de développement qui contribuent à soutenir l’intégration de ces dispositifs.
 
Problèmes de terrain
Le problème principal concerne l’opérationnalité de la démarche d’accompagnement proposée sous la forme d’une recherche-action-formation. Comment configurer et mettre en place cette démarche de telle façon qu’elle assure un compromis « satisfaisant » entre son coût (en particulier temporel) et ses conséquences concrètes (pour les projets et les acteurs) ? Le problème est d’autant plus vif que le CVS entre dans une nouvelle phase (une deuxième série de projets verra le jour en 2004), déterminée par une nouvelle organisation de l’accompagnement. En effet, des centres de compétences e-Learning seront chargés d’accompagner les projets dans la production de leurs cours. Mais les travaux de la phase I du CVS (2000-2003) ont montré que la culture e-Learning n’est pas très développée, même dans les centres de support locaux. En fait, la difficulté tient à ce que l’expertise requise est tellement complexe et étendue qu’elle est en fait distribuée entre les acteurs des centres existants. Dans ces conditions, le soutien de l’innovation pédagogique semble devoir passer par la réunion de ces experts dans un réseau (ou un collectif) reconnu, institutionnalisé et intégrant les chercheurs-formateurs. Mais comment procéder à la constitution de ce réseau ?
 
Acteur-lien : J. Viens, Université de Montréal, Université de Genève (TECFA).
 
 
 
 


[1] Les présentations proposées dans ce document, sont sujettes à évolution en cours de projet, et notamment en fonction de la spécification des problèmes et hypothèses lors de la première phase du projet.
[2] La présence de chercheurs sur ce terrain nous intéresse dans la mesure où il semble que la recherche, ou du moins qu’une certaine recherche – que l’on peut qualifier de recherche-innovation –, peut favoriser la cristallisation concrète de dispositifs ou de processus d’innovation pédagogique. Cf. Jacquinot-Delaunay G. et Choplin H. (2002). Op. cit. C’est bien dans cette perspective que le « Campus virtuel suisse » semble mobiliser les chercheurs. Cf. Peraya D. et Viens J. (2003). Op. cit. 
[3] Il a paru inadéquat de présenter dans ce dossier une lettre d’engagement touchant ce terrain dans la mesure où les responsables de l’ERTe n’ont pas encore rencontré ceux du comité de pilotage du campus numérique associé (le travail de collaboration s’étant effectué pour l’instant essentiellement avec J. Audran, représentant de l’Université Haute-Alsace Mulhouse-Colmar au sein de ce comité de pilotage). Cette rencontre aura lieu le 15 décembre à Paris. Elle visera à co-définir les modalités d’articulation du campus Pegasus et du travail de l’ERTe.
[4] Bachimont B., Cailleau I., Crozat S., Majada M., Spinelli S., 2002. « Outils auteurs : approche industrielle versus approche artisanale » in ARIADNE’2002, Lyon, France, http://wwwspulutc.fr/ics/index.html.
[5] Respectivement : Atelier de Pédagogie Personnalisée ; Groupement d’ETAblissements ; Point d’Accès à la Téléformation.
[6] Egalement membre de l’équipe de recherche de l’ERTe (et de l’UMR ADEF), Jacques Audran ne jouera bien entendu pas le rôle d’observateur sur le terrain Pegasus (dans lequel il est impliqué). Cette observation/analyse sera confiée à un chercheur externe.
[7]  Galisson A. et Nouveau J.-S. (2002). Op. cit.
[8] INTÉgration,  par la Recherche et le Soutien,  des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’Enseignement Supérieur. Cf. http://tecfa.unige.ch/proj/cvs/
[9] Viens J. et Peraya D. (2004). « Résultats et perspectives d’application d’un modèle de recherche-action-formation pour soutenir l’innovation pédagogique de cours e-learning » in Viens J. et Wyrsch A. (dir.). Rôles, approches méthodologiques de l'évaluation sur la qualité pédagogique des cours e-learning en processus de développement/implantation: bilan et perspectives, Revue Suisse des Sciences de l'Education (RSSE).
par Paquelin publié dans : Projet Initial
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Mercredi 5 octobre 2005
 
 
Point 1 – Par rapport aux thèmes et/ou aux terrains, quels sont les problèmes (opérationnels et/ou théoriques) que vous souhaitez résoudre en priorité ?
 
Les forums sont-ils utiles, et à quoi ?
Actuellement un certain nombre de réflexions sont engagées sur la place qu’occupent les instruments de communication sur les campus numériques. Ces moyens de communication sont théoriquement là pour permettre une certaine interaction socio-discursive réputée déclencher des dynamiques d’apprentissage.
 
Or, il apparaît que les contributions présentes sur les forums et autres systèmes d’échange sont souvent d’un niveau décevant. Quel modèle de « collectif » est donc applicable dans ces conditions. On parle parfois dans la littérature de communauté, mais comment se définit-elle, et surtout à quelle(s) condition(s) facilite-t-elle l’étude, la mobilisation des apprenants sur les tâches et l’apprentissage qui en découle ?
 
Comparer la réussite
En second lieu, il semble que se dégagent deux grands types d’environnements numériques à visée d’éducation. Ceux qui complètent, ou prolongent en amont comme en aval, des dispositifs existants et par leur complémentarité offrent à l’apprenant des éléments indisponibles en cours. Par ailleurs, d’autres environnements entendent se substituer aux cours dits « présentiels ».
 
Cette seconde catégorie de dispositifs devient alors comparable à son homologue « présentielle » et permettrait de se faire une idée  plus précise sur la performance potentielle de tels environnements, notamment au niveau de son efficience. Les dispositifs de substitution sont-ils comparables, en termes de résultats, aux dispositifs classiques ?
 
Dispositif et situation.
Plus théorique est la question du rapport existant entre un dispositif d’apprentissage et les situations qu’il est censé engendrer. Le « dispositif », tant dans ses aspects les plus matériels que dans sa dimension anthropologique transitionnelle est une notion largement travaillée et utilisée pour modéliser les campus numériques. D’un autre côté, cette notion reste un peu abstraite si on s’intéresse au caractère distribué et situé du processus d’apprentissage ou de communication.
 
Les usagers n’étant pas de purs esprits, les aspects cognitifs de l’affaire paraissent parfois surévalués par rapport à la dimension d’appropriation singulière vécue par l’apprenant. Comment intégrer alors la corporéité particulière ou la distorsion identitaire liées à la projection sur les réseaux ? La notion de situation ne peut-elle pas donner des éléments pour étudier les trajectoires des usagers ?
par Paquelin publié dans : Production Collective
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